Le clan du 9-2 défend son fief
Qui sont-ils ?
Un groupe d’élus locaux des Hauts-de-Seine, qui ont constitué la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy, de la mairie de Neuilly-sur-Seine jusqu’à l’Elysée.
Certains surnomment ce département le « Sarkoland ». Parce qu’il est considéré comme le fief politique du président de la République. A l’image de la Nièvre pour François Mitterrand, ou de la Corrèze puis
1/ Qui sont-ils ?
de la Ville de Paris pour Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy s’est servi des Hauts-de-Seine comme d’un tremplin politique, à partir de Neuilly-sur-Seine, dont il fut élu maire dès 1983, à l’âge de 28 ans. Une ville opulente où il a, aussi, pu se constituer un réseau d’amis riches et célèbres, qu’il invitera le soir de son élection au restaurant du Fouquet’s (voir chapitre Fouquet’s).
Hélène Constanty, journaliste et co-auteure du livre « 9-2, Le clan du Président » (Fayard, 2008), nous rappelle les étapes de cette ascension.
Comment Sarkozy s’est bâti son fief ?
Le clan du 9-2 défend son fief
La plupart de ceux qui l’ont accompagné dans son parcours politique ont été récompensés par des postes de pouvoir après son élection en 2007, de Claude Guéant à son ami neuilléen Brice Hortefeux, nommé ministre puis conseiller à l'Élysée.
Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur jusqu'en février 2011 et Francois Fillon, Premier ministre. - ©LUDOVIC/REA
1/ Qui sont-ils ?
D’autres hommes plus discrets, passés par le département, ont été promus à des postes de confiance, comme son ex-directeur de cabinet au conseil général, Eric Cesari, promu directeur de l’UMP aux côtés de Patrick Devedjian. Ou le préfet Erard Corbin de Mangoux, directeur des services du département de 2006 à 2007, recruté à l’Elysée dès juin 2007 et parachuté par Nicolas Sarkozy fin 2008 à la tête de la DGSE, les services secrets !
“ Aux premiers rangs de ceux-ci figurent, Patrick Balkany, l’inoxydable maire de Levallois-Perret ”
Mais le réseau des Hauts-de-Seine repose d’abord sur un groupe d’élus locaux, sûrs de leurs pouvoirs. Aux premiers rangs de ceux-ci figurent, on l’a vu, Patrick Balkany, l’inoxydable maire de Levallois-Perret, et son épouse Isabelle, longtemps vice-présidente du conseil général avant qu’elle ne soit battue, de justesse, en mars 2011 aux élections cantonales. Le couple Balkany, un temps banni des affaires publiques pour cause de condamnations judiciaires, a toujours fait partie du cercle rapproché de Nicolas Sarkozy. Et il le reste, contre vents et marées. « Nous avons vécu ensemble la vraie vie, avec nos parents, nos enfants, nos amis », avait confié Nicolas Sarkozy en remettant la Légion d’honneur à Isabelle, en mai 2008.
Le clan du 9-2 défend son fief
D'autres élus ont été récompensés pour services rendus, tels que André Santini, le maire centriste d’Issy-les-Moulineaux, bombardé secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, ou Roger Karoutchi, lui aussi remercié par un poste en 2007 de ministre chargé des relations avec le Parlement, avant d’être intronisé ambassadeur de la France auprès de l’OCDE. Autre sabra, Frédéric Lefebvre, ex-conseiller parlementaire du ministre Sarkozy, ancien élu de Garches, a été nommé secrétaire d’Etat, chargé du commerce et des Pme, en novembre 2010.
2008, Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine et secrétaire général délégué de l'UMP, Nicolas Sarkozy, président de la République et Roger Karoutchi, secrétaire d'État aux Relations avec le parlement, lors d'un déplacement sur le thème de la réforme de la santé. ©POOL/LUDOVIC-REA
1/ Qui sont-ils ?
Certains édiles ont fidèlement servi la carrière de Sarkozy avant de se brouiller avec lui. C’est le cas de Patrick Devedjian, député-maire d’Antony, devenu le président du conseil général des Hauts-de-Seine en 2007. Cet avocat aux petites phrases ciselées a été déçu de n’avoir pas eu de poste ministériel dès 2007. Il avait alors ironisé en espérant que l’ouverture politique voulu par le nouveau président aille « très loin, y compris jusqu’aux sarkozistes ». Amer, Devedjian n’a pas tenu longtemps au poste de secrétaire général de l’UMP, ni à l’éphémère ministère de la Relance qui lui a ensuite été confié. L’Elysée a même voulu l’évincer du conseil général. Mais, coriace, il a fini par sauver son poste de président au lendemain des élections cantonales de mars 2011. Il reste donc incontournable, tout en étant moins docile.
Les membres de ce clan se sont notamment divisés sur la place prise dès 2008 par un jeune homme de 21 ans, élu conseiller général, un certain Jean Sarkozy. Un héritier présomptif, dans les ambitions ne sont pas forcément du goût de tout le monde…