20-05-2013
À découvrir cette semaine
La génération Copé vise loin
Qui sont-ils ?
Ils soutiennent l’ambition d’un homme, Jean-François Copé, depuis des années. Pour eux, à tort ou à raison, l’ère de Sarkozy est (presque) finie. Un réseau de plus en plus organisé.
1/ Qui sont-ils ?
Pour les « Copéistes », que l’actuel président soit réélu en 2012 ou qu’il perde, l’après-Sarkozy a commencé. Ils visent plus loin, 2017, en suivant les pas de celui qu’ils considèrent comme le plus doué et le plus prometteur de sa génération à droite.
Ils forment un réseau dense d’élus, d’amis, d’experts, de militants, une toile d’araignée constituée au fil de la carrière de celui qui tient actuellement les rênes de l’UMP. L’un des plus proches conseillers de Copé, le consultant en communication Bastien Millot, nous en dévoile les différentes strates historiques.
Comment Copé a bâti ses réseaux
La génération Copé vise loin
La galaxie Copé est donc composée de trois cercles concentriques. Le premier rassemble le noyau dur des fidèles qui le suivent depuis ses débuts politiques en Seine-et-Marne, dont fait partie Bastien Millot. Jean-François Copé, qui venait de conquérir la mairie de Meaux en 1995, l’a débauché pour devenir son assistant parlementaire puis son directeur de cabinet à la mairie. Il y est resté jusqu’en 2002, suivant Copé lorsque ce dernier a été nommé secrétaire d’Etat chargé de relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement Raffarin.
Deux autres de ses jeunes collaborateurs à Meaux, Benoît de Saint-Chamas et Guy Alvès, l’ont accompagné également dans sa carrière ministérielle. Après l’avoir conseillé au ministère délégué à l’Intérieur en 2004 et au ministère du Budget en 2005, Alvès et Millot ont pris un peu de champ. Le premier a racheté une société de conseil en communication Bygmalion, à l’un de leurs amis, Patrick Dray. Et le deuxième est devenu l’un des lieutenants de Patrick de Carolis à la présidence de France Télévisions, avant de rejoindre son compère Alvès chez Bygmalion, tout en continuant de suivre Copé de très près. Benoît de Saint-Chanas, lui, a été nommé conseiller du président du musée du Louvre, Henri Loyrette. Il se consacre aussi, avec son épouse Emmanuelle, à l’écriture de romans pour enfants qui racontent l’histoire d’une organisation secrète millénaire…
1/ Qui sont-ils ?
Le quatrième homme important de cette garde rapprochée venue de Meaux, Jérôme Lavrilleux, demeure à ses côtés. Ancien intime de Xavier Bertrand, cet élu UMP a changé d’écurie, devenant le directeur du cabinet de Copé dans son fief meldois. Il a gardé cette fonction de bras droit quand Jean-François Copé a pris la présidence du groupe UMP en 2007, puis le secrétariat général de l’UMP fin 2010. C’est le plus proche collaborateur de Copé.
Jean-François Copé, député maire de Meaux et secrétaire général de l'UMP le 14 avril 2011 - ©LUDOVIC/REA
La génération Copé vise loin
François Baroin, député maire de Troyes, Christian Jacob, député maire de Provins et Jean-François Copé, président de génération France.fr lors de la soirée débat sur le thème de la diversité, dans une salle de l'hôtel Méridien Montparnasse le 10 décembre 2008 - ©LUDOVIC/REA
1/ Qui sont-ils ?
Le deuxième cercle est composé d’alliés politiques, qui se sont rapprochés au fil des circonstances. Le chiraquien Christian Jacob, ancien patron des jeunes agriculteurs et élu de Seine-et-Marne, est le chef de la bande. Le tandem des deux hommes, aux profils complémentaires, est inséparable. Copé a réussi à faire élire son lieutenant Jacob, très populaire au Palais Bourbon, à la présidence du groupe UMP fin 2010, ce qui lui assure de « tenir » les élus.
“ Les troupes de Copé se sont surtout élargies avec la création de son club politique « Génération France » fin 2006. ”
D’autres députés ont renforcé ses rangs, notamment ceux de Seine-et-Marne : Frank Riester (expert des sondages) ou Yves Jego (ancien rival local et ex-secrétaire d’Etat déçu du sarkozysme). Les troupes de Copé se sont surtout élargies avec la création de son club politique « Génération France » fin 2006. Les piliers en sont l’actuel ministre de l’Education nationale Luc Chatel et une kyrielle de parlementaires comme Michèle Tabarot (Alpes-Maritimes), Bernard Reyniès (Bouches-du-Rhône), Yves Censi (Aveyron), Philipe Vitel (Var), Valérie Rosso-Debord (Meurthe-et-Moselle), Elie Aboud (Hérault), Yannick Favennec (Mayenne), Isabelle Vasseur (Aisne) ou Olivier Carré (Loiret).
La génération Copé vise loin
Valérie Rosso-Debord, députée et Jean-François Copé, député maire et président du groupe UMP, lors du débat parlementaire sur le projet de loi de réforme des retraites, l'hemicycle du palais Bourbon le 10 septembre 2010 - ©LUDOVIC/REA
1/ Qui sont-ils ?
Par ailleurs, le rapprochement tactique de Copé avec des figures chiraquiennes, comme Bruno Le Maire et François Baroin, sans compter sa vieille amitié avec Brice Hortefeux ou ses liens avec Luc Chatel et Valérie Pécresse, lui assurent des alliés au sein du pouvoir exécutif.
Le troisième cercle, plus informel, rassemble des experts et des amis, financiers et Pdg qui suivent son ascension de manière vigilante. La figure centrale de cette galaxie est Grégoire Chertok, associé-gérant chez Rothschild et Cie. Le carnet d’adresses de ce banquier d’affaires, natif de Neuilly-sur-Seine et proche de Nicolas Sarkozy, est bien rempli. C’est lui qui a ouvert les portes du cabinet Gide-Loyrette-Nouel à l’avocat Copé en 2007.
Un autre homme d’affaires compte également de plus en plus dans l’entourage du patron de l’UMP: Charles Beigbeder, pdg de Poweo, militant catho et vice-président de la Fondation pour l’innovation politique, aux côtés de Nicolas Bazire. Jean-François Copé connaît d’ailleurs les frères Beigbeder de longue date, ayant fait la fête au sein du « Caca’s club » du jeune Frédéric, futur romancier et chroniqueur, quand il était à Sciences-Po, dans la même promotion qu’Arnaud Montebourg et Anne Roumanoff !