21-05-2013
À découvrir cette semaine
Les femmes dirigeantes s’organisent
Qui sont-elles ?
Des cercles patronaux aux femmes hauts fonctionnaires en passant par les banquières, avocates et militantes : les réseaux de dirigeantes foisonnent et veulent prendre de la place !
1/ Qui sont-elles ?
« Ce qu’elles font, c’est dégueulasse ! » Un vieux pdg macho ne peut s’empêcher de lâcher ce cri du cœur, dès qu’on l’interroge sur les réseaux de femmes dirigeantes en train de s’organiser pour monter en puissance dans les entreprises et sur la place publique.
Elles ont leur rendez-vous annuel, en octobre, au Women’s Forum de Deauville, sorte de Davos féminin, où plus d’un millier d’entre elles, venues de 80 pays, se retrouvent pour débattre. Réprouvant les contestations féministes radicales, l’ambiance y est bon enfant, comme le montre ce reportage de France 2, diffusé le 16 octobre 2009.
Women’s Forum : le rendez-vous des femmes dirigeantes (INA)
Les femmes dirigeantes s’organisent
Remise du prix Cartier Women's Initiative Awards à Antonia Sanin de Colombie en présence de Bernard Fornas, PDG de Cartier et Aude Zieseniss de Thuin, fondatrice du Women's Forum le 13 octobre 2007 - ©LUDOVIC/REA
1/ Qui sont-elles ?
Le Women’s Forum est né en octobre 2005 à l’initiative d’Aude de Thuin, chef d’entreprise spécialiste de la création d’événements et de salons. Elle s’est entourée d’une équipe et d’un comité stratégique où se croisent la plupart des « femmes qui comptent » dans les milieux économiques. « Elles m’ont accompagnée, soutenue, et restent des supportrices du Forum, qui s’est imposé rapidement comme le lieu de rencontre pour les femmes influentes de la planète » explique la fondatrice, fière de son bébé.
La très active Véronique Morali, inspectrice des Finances, y joue un rôle central. Membre du Medef, administratrice du Siècle, elle a créé le site terrafemina, une plateforme de services féminins qui sert aussi de club. Avec plusieurs amies du Women’s Forum, elle a aussi cofondé l’association Force Femmes, qui aide des femmes de plus de 45 ans à retrouver du travail. Début 2011, Véronique Morali a repris la présidence du Women’s Forum, succédant à Aude de Thuin, qui a cédé son activité au groupe Publicis de Maurice Lévy.
Les autre « marraines » de cette manifestation BCBG ne sont pas moins gradées. On y trouve Laurence Parisot, présidente du Medef ; Anne Lauvergeon, grande patronne d’Areva, leader de la filière nucléaire française jusqu'en juin 2011; Mercedes Erra, présidente exécutive d’Euro-RSCG ; Anne Méaux, la papesse de la communication à la tête de son cabinet Image Sept.
Les femmes dirigeantes s’organisent
Anne Lauvergeon, PDG d'Areva jusqu'en juin 2011, ici lors de la présentation des résultats annuels de 2009 le 4 mars 2010 - ©HAMILTON/REA
La liste des membres du conseil du Forum comprend aussi Anne-Claire Taittinger, pdg de la Société du Louvre, Dominique Hériard-Dubreuil, pdg de Rémy Cointrau, Marie-Claire Bizot-Greggory du groupe Accor, les consultantes Alix de Poix, Evelyne Sevin et Agnès Touraine, des financières comme Patricia Barbizet, qui travaille avec François Pinault, Laurence Danon, directrice chez Edmond de Rothschild Corporate Finance, Virginie Morgon, en poste chez Eurazeo et Marie-Louise Antoni, conseillère du président de Generali. Ajoutez une star comme Christine Ockrent, la romancière Irène Frain et la rédactrice en chef à l’Express Christine Kerdellant, le cocktail est détonnant.
1/ Qui sont-elles ?
“ Le réseau de Grandes Ecoles au Féminin, regroupe ainsi 32 000 diplômées de 9 grandes écoles ”
Le Women’s Forum, devenu une véritable tête de pont, ne couvre pas, loin s’en faut, tout le champ des réseaux de dirigeantes. Car les associations fourmillent, fédérant des milliers de femmes cadres de tous horizons. Le réseau de Grandes Ecoles au Féminin, présidé par Clarisse Reille, regroupe ainsi 32 000 diplômées de 9 grandes écoles (Centrale Paris, ENA, ENPC, ESCP-EAP, ESSEC, HEC, INSEAD, Les Mines et Polytechnique). Il effectue régulièrement des enquêtes chiffrées auprès de ses membres sur les inégalités et dispose de relais importants dans les ministères et les grandes entreprises.
D’autres groupes ont également émergé pour promouvoir les femmes dans les entreprises et les lieux de pouvoir. C’est notamment le cas d’Administration moderne qui regroupe depuis 1998 des femmes hauts fonctionnaires, autour de l’énarque Nathalie Tournyol du Clos; d’Accent sur Elles, piloté de Armelle Carminati, la directrice diversité du groupe Accenture; d’Action de femmes, présidée par la commissaire aux comptes Tita Zeitoun; du club HRM Women, fondé par Eliane Moyet Laffon; de l’European Professional Women Network, très international, dirigé par Marie-Claude Peyrache; ou de l’association Arborus, qui aide les entreprises dans leurs démarches paritaires, présidée par Cristina Lunghi, animatrice du club des entreprises Label Egalité, inauguré en 2006.
Les femmes dirigeantes s’organisent
Cristina Lunghi, Fondatrice de Arborus, membre de l'observatoire de la parité - ©Cyril DELETTRE/REA
1/ Qui sont-elles ?
Des clubs féminins ont également éclos au sein de grandes entreprises, comme L’Oréal, Air Liquide, EDF, IBM ou France Télécom. L’association Financielles a vu, quant à elle, le jour début 2011 pour fédérer des dirigeantes du secteur financier, à l’initiative de Louise Beveridge (BNP Paribas), Sophie Vernay (Société générale) et présidée par Anne Guillaumat de Blignières (Caisse des Dépôts).
Leurs activités sont répertoriées sur le site « Interdits aux hommes » fondé en 2006 par la journaliste Emmanuelle Gagliardi, coauteure du « guide des Clubs et Réseaux au féminin » (Cherche-Midi) qui en recensait déjà 200 en 2007. Actuellement, le chiffre dépasse les 350. « Pas une semaine sans qu’il s’en créé un, constate Emmanuelle Gagliardi, qui va organiser le premier salon des réseaux de femmes fin 2011 à Paris. Beaucoup de cadres hésitaient naguère à s’afficher dans ces réseaux de crainte d’être taxées de féministes et que cela nuise à leur carrière. Maintenant, c’est fini, elles assument et font des choses concrètes. »